Maxime Alexandre (Wolfisheim, 1899 - Strasbourg, 1976) est un poète et auteur dramatique alsacien.
Poète avant tout, Maxime Alexandre publia de nombreux livres, en vers ou en prose. Il participa au mouvement surréaliste de 1923 à 1933 aux côtés d'Aragon et d'André Breton. Il est aussi l’auteur de mémoires et d'études sur les auteurs Romantiques allemands, traducteur d'Hans Arp ou du poète Hölderlin.
Sa vie a été marquée par de fortes tensions dues à son bilinguisme, à sa religion, à ses convictions : divisé entre catholicisme et communisme, entre romantisme, expressionnisme allemand et surréalisme français… Bernard Bach dit à son propos : « Juif, Alsacien, surréaliste, communiste, catholique…, la vie et l’œuvre de Maxime Alexandre défient les classement, elles dérangent. »
Biographie
Le 24 janvier 1899, Maxime Alexandre naît à Wolfisheim, près de Strasbourg, d’une famille bourgeoise alsacienne, de religion juive. L’Alsace étant sous souveraineté allemande depuis 1871, sa langue maternelle est l’allemand. A l’âge de douze ans, il compose ses premiers poèmes, en allemand. Sa première pièce de théâtre, Liebe, est montée à Leipzig en 1913 alors qu'il n'a que quatorze ans.
Pendant la Première Guerre mondiale, il part en Suisse à Lausanne avec sa famille. Là, il va devoir apprendre le français, contraint d’abandonner sa langue natale, ce qu’il va vivre comme un traumatisme. A Zurich, il fréquente le groupe des Intellectuels pacifistes autour de Romain Rolland, se lie d’amitié avec René Schickelé et Hans Arp, et rencontre les précurseurs du mouvement dadaïste, dont Tristan Tzara et Hugo Ball.
De retour à Strasbourg en 1918, il poursuit ses études de français et d'allemand à l'Université et obtient une licence de français et d'allemand, ce qui lui permet de devenir enseignant.
En 1923, il rencontre Louis Aragon qui l'invite à le rejoindre à Paris pour participer au mouvement surréaliste avec André Breton, Robert Desnos et Benjamin Péret, entre autres. Il s'associe ainsi au mouvement surréaliste dès ses débuts et en reste un acteur important jusqu'aux crises qui finiront par le déchirer en 1932, lorsque le conflit qui oppose Aragon et Breton au sujet notamment de l'adhésion au Parti communiste (duquel Aragon, au contraire de Breton, ne veut pas s'écarter) débouche sur l'exclusion d'Aragon. Celui-ci est suivi par Maxime Alexandre qui ne veut pas transiger sur l'exigence de justice sociale. S’il continue à écrire en allemand jusqu'en 1925, il est séduit par la technique de l'écriture automatique expérimentée par les surréalistes, et compose son premier texte en français, Liberté chérie qui parait en 1926 dans la Revue européenne. Il précise ses engagements à gauche dans Desseins de la liberté (1927), ce qui lui vaut d'être révoqué de ses fonctions de professeur d'allemand à Lectoure (1930).
Après 1932, Maxime Alexandre connaît une période de grande solitude mais très prolifique au niveau de l’écriture jusqu'en 1939. Ses publications de poésie et de prose sont saluées par le monde littéraire de l'époque. Il obtient le Grand prix de l'Alsace littéraire en 1936. Pendant l’entre-deux-guerres, il déménage sans cesse et change fréquemment d’activités (journaliste, professeur de lettres, traducteur…).
En 1939, il est mobilisé par la France, et désigné comme P.R. (présumé révolutionnaire) dans son casernement où il subit brimades et humiliations. Comme la plupart de ses compagnons du surréalisme, il va connaître les épreuves de la vie de soldat. Au printemps 1939, il rencontre Berthe Dietrich à Strasbourg et l'épouse lors d'une permission en novembre de la même année. Fait prisonnier par les Allemands en 1940, il parvient à se faire libérer et se réfugie dans le Midi où il retrouve Aragon et côtoie également Jacques Prévert et André Gide.
En 1942, il se plonge dans l'étude de Hölderlin, poète romantique allemand sur lequel il publie une étude. La Seconde Guerre Mondiale lui a causé un fort traumatisme dont il témoigne dans plusieurs textes publiés en 1945 et 1946. Très affecté par l'expérience de la guerre, il témoigne de ce qu'il a vu dans certains de ses poèmes comme Les Yeux pour pleurer (1945) et La Peau et les os (1956). Profondément touché par ce que l'on apprend sur les camps de concentration, il fait paraître en français sa pièce de théâtre Le Juif errant dont une version allemande était en préparation dès 1946.
S’ajoute à cette peine la mort de sa mère en 1949, décès qui l'ébranle profondément. Il va alors traverser une crise spirituelle qui le mènera à se convertir au catholicisme la même année. Paul Claudel lui conseille de se convertir au catholicisme et de prendre le baptême, qui aura lieu le 8 décembre 1949. Claudel est son parrain.
Au début des années 50, Maxime Alexandre ressent le besoin d’opérer un retour aux sources : il écrit plusieurs textes en allemand, sa langue maternelle, dont une série de poèmes qui sont publiés sous le titre Durst und Quelle. A la fin des années 60, il revient définitivement en Alsace, tout d'abord à Obernai (1967), puis Dangolsheim, Boersch et Strasbourg en 1974. Gravement malade à partir de 1972 et l'écriture devenant difficile, il se met à dessiner. Il décède à Strasbourg le 12 septembre 1976 et repose, selon son vœu, au cimetière de Rosheim.
Bibliographie
Poésie
Prose
Théâtre
Histoire de la littérature
Traduction
Pour en savoir plus : A propos de Maxime Alexandre
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